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samedi 17 octobre 2026
Pays de la Loire

À Nantes, une prothèse bionique vise à rendre des sensations à une main amputée

Une intervention inédite en France associe amputation, réinnervation sensorielle et prothèse de nouvelle génération à la clinique Jules-Verne.

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Façade de la clinique Jules-Verne à Nantes
Kalepom, Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 — Source

Un patient a été opéré vendredi 16 octobre à la clinique Jules-Verne de Nantes afin de recevoir, à terme, une prothèse bionique capable de lui transmettre des sensations. Présentée comme une première en France par l’équipe médicale, l’intervention a associé une amputation au-dessus du poignet à une technique de réinnervation sensorielle.

La main gauche du patient était devenue inutilisable et douloureuse depuis près de cinq ans. Trois chirurgiens ont participé à l’opération, Edward de Keating Hart, Alexander Gardetto et Jonathan Götz. Leur objectif consiste à reconnecter des nerfs sensitifs à des zones de peau qui pourront ensuite dialoguer avec la prothèse.

Le dispositif Digi’Skin doit convertir la pression et les vibrations captées par la main artificielle en signaux appliqués sur ces zones réinnervées. Le cerveau pourrait ainsi recevoir une information sensorielle liée au contact, en complément des mouvements commandés par le patient.

Des résultats attendus après plusieurs mois de rééducation

L’opération a duré plusieurs heures, mais elle ne permet pas de juger immédiatement du résultat. Les premiers signes de récupération sensorielle sont attendus dans un délai de trois à six mois, le temps que les nerfs se régénèrent et que l’appareillage soit ajusté.

L’équipe médicale souligne que la réussite n’est pas garantie. Les greffes nerveuses peuvent ne pas produire l’effet recherché, tandis que le dispositif peut provoquer une gêne ou nécessiter de nouveaux réglages. Le suivi doit donc combiner cicatrisation, rééducation et apprentissage de la prothèse.

Cette chirurgie cherche à répondre à une limite fréquente des prothèses de main, qui rendent certains mouvements sans restituer le toucher. Le cas nantais doit permettre d’évaluer l’apport concret du retour sensoriel dans les gestes quotidiens et dans la perception du membre artificiel.