Le Tangram, établissement culturel public d’Évreux, s’apprête à réduire fortement sa programmation à partir de 2027. Selon le magazine culturel normand Relikto, la baisse cumulée des contributions de ses partenaires atteindra 354 300 euros sur un budget total de 3,8 millions d’euros. La part consacrée à la création artistique pourrait diminuer de 40 pour cent.
Les réductions concernent la Ville d’Évreux, Évreux Portes de Normandie, le Département de l’Eure, la Région Normandie et l’État. Elles doivent être intégrées aux nouveaux statuts de l’établissement public de coopération culturelle, qui réunit notamment le Cadran, le Kubb et le théâtre Legendre.
La première conséquence annoncée touche le festival AnthropoScènes. Les rencontres, ateliers et animations prévus en mai 2027 ne devraient pas avoir lieu. La saison régulière pourrait elle aussi ne pas reprendre en septembre 2027, avec un redémarrage envisagé en janvier 2028.
Une programmation prise entre engagements et économies
Le calendrier culturel rend l’ajustement particulièrement difficile. À cette période de l’année, de nombreux spectacles de la saison allant jusqu’en juin 2027 sont déjà programmés et certaines dépenses sont engagées. Les économies ne peuvent donc pas être appliquées de manière uniforme sans toucher les projets à venir ou les emplois.
La gouvernance entre également dans une phase d’incertitude. Le conseil d’administration n’a pas retenu le projet présenté par la directrice Valérie Baran et son mandat ne doit pas être renouvelé pour une troisième période à partir de la rentrée 2027. L’établissement devra préparer sa nouvelle direction au moment même où ses marges financières se réduisent.
Le contraste est net avec la fréquentation communiquée pour les saisons récentes. Le Tangram accueille habituellement entre 70 000 et 75 000 spectateurs par an. Pour la rentrée en cours, 26 000 places avaient déjà été vendues et le taux de remplissage atteignait 60 pour cent, selon les chiffres cités par Relikto.
Le Cadran, le Kubb et le théâtre Legendre resteront les principaux lieux de l’établissement. Leur fonctionnement implique des coûts incompressibles liés à la maintenance, à la sécurité et aux fluides, ce qui reporte une grande partie de l’effort budgétaire sur la programmation et l’accompagnement artistique.





