La taxation des milliardaires et des grandes fortunes s’impose désormais comme l’un des thèmes centraux du débat politique en Suède, à l’approche des élections législatives prévues le 13 septembre 2026. Les différentes formations multiplient les passes d’armes face au creusement visible des écarts de richesse dans le pays scandinave.
Cette controverse s’appuie sur des déséquilibres marqués dans un royaume comptant environ dix millions d’habitants pour 51 milliardaires recensés. Selon les données publiées par Oxfam Suède, les 46 citoyens les plus fortunés détiennent à eux seuls davantage que huit millions d’habitants réunis, accumulant 32,3 % du produit intérieur brut national.
Face à cette concentration inédite de capitaux, plusieurs partis de gauche montent au créneau pour exiger une intervention de l’État. Ces formations réclament l’instauration d’un impôt de 2 % sur les patrimoines excédant 90 millions d’euros, un barème ciblé qui toucherait directement environ 500 contribuables parmi les plus aisés.
Les promoteurs de cette mesure s’appuient sur une étude menée par les économistes Gabriel Zucman et David Seim, démontrant une distorsion fiscale au sommet de l’échelle. D’après leurs recherches, les 0,1 % les plus fortunés supportent un taux effectif d’imposition de 20 à 25 %, contre 40 à 50 % pour le reste des contribuables, grâce au recours à la rétention des bénéfices dans des structures holdings.
L’opposition craint un exode des investisseurs
L’opposition de droite rejette catégoriquement le retour de l’impôt sur la fortune, qui avait été aboli en 2007 sous un précédent exécutif libéral. Les figures conservatrices brandissent le risque d’une fuite des grands capitaux nationaux et relaient les mises en garde émises par des dirigeants d’entreprises, à l’image du cofondateur du géant du streaming musical Spotify.





