Une mobilisation syndicale unitaire paralyse les antennes de Radio France. L’intersyndicale du groupe public, réunissant la CFDT, la CGT, FO, le SNJ, SUD et l’UNSA, a déposé un préavis de grève pour les 13 et 14 septembre 2026. Les organisations représentatives réclament l’éviction immédiate de l’édito politique confié sur France Inter à Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Valeurs actuelles.
Cette action collective affecte lourdement la diffusion habituelle des stations du groupe radiophonique. Les grilles de programmes de France Inter ainsi que celles de France Culture subissent de fortes perturbations depuis le début du mouvement. Faute d’émissions régulières en direct, les régies techniques sont contraintes de diffuser en boucle des messages sonores informant les auditeurs de cette interruption d’antenne liée au conflit social en cours.
Au cœur de cette fronde interne figure une séquence précise de la grille de la station généraliste. La direction a programmé un rendez-vous hebdomadaire d’analyse politique d’une durée de deux minutes et trente secondes, attribué au journaliste Charles Sapin chaque dimanche matin sur France Inter. Ce format court, intégré à la tranche matinale du week-end, suscite une vive opposition au sein des rédactions.
Les salariés grévistes et l’intersyndicale jugent inacceptable d’accorder une tribune régulière à l’un des responsables d’une publication classée à l’extrême droite de l’échiquier politique. Les représentants du personnel rappellent en outre que ce titre a déjà fait l’objet de condamnations par la justice. Selon eux, offrir ce créneau d’expression à ce profil éditorial contrevient frontalement aux missions fondamentales et aux valeurs du service public audiovisuel.
Le pluralisme invoqué par la direction
Face à ce bras de fer, les instances dirigeantes de la première radio de France maintiennent leur décision d’antenne. La directrice de France Inter, Céline Pigalle, assume publiquement le choix de cette collaboration controversée. La responsable justifie cette présence en affirmant qu’elle répond aux exigences républicaines et au respect impératif du pluralisme de toutes les sensibilités politiques sur les ondes publiques.





