À Paris, la crise de l’habitat se heurte à une réalité chiffrée particulièrement lourde : la capitale dénombre 139 075 logements vacants sur un total de 1 402 024 habitations répertoriées, d’après les données officielles de l’Insee pour 2023. Cette proportion représente très exactement 10 % du parc immobilier parisien, soit un logement sur dix laissé inoccupé, en excluant du décompte l’ensemble des résidences secondaires.
Cette estimation globale ne traduit cependant pas uniquement des situations d’abandon volontaire du patrimoine bâti. Elle englobe en effet une part majeure de vacance dite « frictionnelle », inhérente au fonctionnement naturel du parc immobilier. Cette catégorie regroupe les périodes d’inoccupation temporaire générées par le roulement habituel des locataires entre deux baux, les délais nécessaires aux transactions lors de mises en vente, ou encore la réalisation de chantiers de rénovation avant un nouvel emménagement.
La situation s’avère en revanche plus critique concernant la vacance structurelle de longue durée. Selon les relevés de la base Lovac du ministère de la Transition écologique, Paris enregistre 36 205 logements inoccupés depuis au moins deux ans en 2025. Cet ensemble correspond à 2,5 % du parc global intramuros, soit un logement sur quarante qui échappe durablement à toute vie de quartier et à toute mise en location.
Pour enrayer cette immobilisation prolongée d’espaces habitables, le Conseil de Paris a acté une hausse significative de la fiscalité locale appliquée aux logements inoccupés. Cette mesure entrera officiellement en vigueur à compter du 1er janvier 2027. Le dispositif voté portera le taux de taxation à 30 % au titre de la première année de vacance constatée, avant d’atteindre un palier de 60 % dès la deuxième année d’inoccupation continue.
Un levier fiscal contre la spéculation immobilière
Par ce durcissement fiscal qui cible directement la vacance prolongée et les réflexes de spéculation immobilière, les élus municipaux entendent frapper au portefeuille des multipropriétaires. L’exécutif parisien assigne un résultat quantitatif précis à cette offensive réglementaire : obtenir la remise effective sur le marché de la location ou de la vente d’au moins 20 000 logements aujourd’hui soustraits aux résidents de la capitale.





