Les personnes âgées de plus de 65 ans partagent près de sept fois plus de fausses informations sur les réseaux sociaux que les jeunes adultes, révèle une étude citée par France Télévisions. Ce phénomène place les aînés au cœur de la diffusion virale de contenus trompeurs sur Internet, un espace où ils se retrouvent particulièrement exposés aux manipulations informationnelles.
Les intox ainsi propagées recouvrent des thématiques variées, allant de la désinformation politique pure et des polémiques sociétales jusqu’au domaine médical. Cette circulation incontrôlée expose de nombreux retraités à des conseils de santé dangereux et totalement dépourvus de validation scientifique, fréquemment diffusés par des comptes tenus par des profils sans qualification médicale.
Cette perméabilité face aux supercheries en ligne ne s’explique pourtant pas par une détérioration des facultés cérébrales. Selon Bertrand Fougère, gériatre au CHU de Tours, le phénomène ne résulte nullement d’une perte de capacités cognitives, mais s’enracine dans une méconnaissance des mécanismes propres aux réseaux sociaux, au sein d’une génération qui n’a pas grandi avec ces instruments numériques.
Face à ce constat, des actions de terrain commencent à se déployer, à travers des ateliers pratiques d’éducation aux médias. C’est notamment la mission de la formation intitulée « Esprit’Critik », orchestrée par le Club de la presse Occitanie, qui enseigne aux retraités à démasquer les pièges du Web, à déceler les images manipulées et à comprendre le fonctionnement sous-jacent des algorithmes de distribution.
Des dispositifs d’apprentissage encore marginaux en France
Toutefois, ces initiatives demeurent trop sporadiques pour endiguer la marée des infox. Bien que l’intérêt et la demande des usagers seniors soient en nette hausse face à l’omniprésence des fausses nouvelles, les modules de formation au numérique exclusivement orientés vers ce public restent marginaux à l’échelle nationale sur le territoire français.
