La Commission européenne veut augmenter la production des raffineries déjà en activité dans l’Union. Elle a lancé mercredi 28 octobre un premier dialogue de haut niveau avec les industriels, à la veille d’un conseil des ministres de l’Énergie consacré notamment aux approvisionnements de l’hiver. L’objectif affiché est de disposer de davantage de carburants, dans un marché soumis à de fortes tensions.
Cette démarche ne constitue pas encore un programme de nouvelles usines. Selon Euronews, les propositions du secteur doivent être évaluées et la Commission n’a précisé ni objectif chiffré de capacité ni financement. Dan Jørgensen, le commissaire à l’Énergie et au Logement, présente la réunion comme une première étape vers une feuille de route commune avec les professionnels.
L’enjeu dépasse les volumes de pétrole brut importés. Encore faut-il pouvoir les transformer en gazole, en kérosène et en autres produits utilisables. D’après la Commission, les raffineries européennes fournissent environ 85 % du diesel et 70 % du carburant aérien consommés en Europe. Leurs capacités comptent pour les transports civils comme pour les besoins de défense.
Les discussions portent à la fois sur une réponse aux perturbations actuelles et sur l’avenir du secteur. Les coûts de l’énergie, la concurrence internationale et les investissements nécessaires aux biocarburants et aux carburants de synthèse ont été abordés. La Commission entend préserver les moyens de production pendant la transition énergétique.
Ce jeudi 29 octobre, les ministres se réunissent à Luxembourg à partir de 9 h 30, selon le programme indicatif du Conseil. Ils doivent échanger sur la sécurité énergétique pour l’hiver 2026-2027 et sur un projet de règlement relatif aux coûts de réseau dans les factures d’électricité. Présenté en juillet, ce texte vise notamment à faire évoluer les structures tarifaires et à soutenir l’électrification.
Ces débats arrivent alors que les réserves de gaz sont moins confortables qu’à l’ordinaire. Dans son rapport publié mardi, l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie indique que les stockages de l’Union étaient remplis à 75 % le 21 octobre. Elle décrit un remplissage estival ralenti et des coûts d’approvisionnement plus élevés.
L’Agence souligne aussi que la demande de gaz a diminué d’environ 20 % depuis la crise de 2022. Les besoins d’importation de gaz naturel liquéfié pendant l’hiver dépendront notamment des températures et de la consommation. Les échanges entre ministres sur la sécurité énergétique sont annoncés vers 11 h 30, avant une conférence de presse prévue vers 17 h 20.





