Le Grand Est prévoit d’investir plus de 2,1 milliards d’euros dans son réseau routier jusqu’en 2035. Présenté vendredi 16 octobre à Metz, le programme concerne les 525 kilomètres de routes nationales et d’autoroutes non concédées dont la Région assure la gestion depuis le 1er janvier 2025, notamment l’A31, l’A33, la RN4 et la RN52.
La collectivité veut financer l’entretien des chaussées et des ouvrages, améliorer la sécurité et traiter plusieurs points de congestion. Cette programmation accompagne un transfert de compétences exceptionnel par son ampleur et impose à la Région de prendre en charge des axes utilisés à la fois par les habitants, les entreprises locales et le trafic international.
Une écocontribution sur le transport routier de marchandises doit compléter le financement à partir du 2 avril 2027. Elle concernera les poids lourds de plus de 3,5 tonnes sur le réseau transféré, avec un tarif moyen annoncé de 15 centimes par kilomètre. Les voitures particulières, les véhicules utilitaires légers, les autocars et les véhicules agricoles ne sont pas visés.
Des recettes attendues et une opposition déjà visible
Selon les estimations présentées localement, l’écocontribution pourrait rapporter environ un milliard d’euros entre 2027 et 2035. Cette recette ne se confond pas avec les 2,1 milliards d’euros d’investissements programmés, qui couvrent l’ensemble de la stratégie routière sur la période.
La Région affirme que la majorité des camions concernés effectuent du transit et annonce des dispositifs d’accompagnement pour les petites et moyennes entreprises ainsi que pour les transporteurs locaux. Les modalités précises d’exonération et de compensation resteront déterminantes pour mesurer le coût réel supporté par les acteurs implantés dans le Grand Est.
La contestation a précédé la présentation du programme. Environ 150 transporteurs se sont mobilisés le 15 octobre pour dénoncer un risque de double taxation, en plus des prélèvements déjà acquittés par la profession. Le calendrier laisse encore plusieurs mois de négociation avant l’entrée en vigueur prévue au printemps 2027.





