Le trois-mâts Belem s’apprête à franchir une étape cruciale de sa longue existence maritime. Construit en 1896 et désormais fort de ses 130 ans d’histoire, le dernier grand voilier de commerce français prendra la direction d’une cale sèche à Saint-Nazaire à la mi-septembre 2026. L’emblématique navire y subira un vaste programme de restauration technique indispensable pour pérenniser sa navigation en haute mer.
Cette réhabilitation d’envergure industrielle mobilisera les équipes spécialisées pendant une période estimée à sept mois, s’étendant jusqu’au 30 avril 2027. L’opération représente un investissement financier majeur pour sauvegarder ce joyau du patrimoine national, avec un budget total arrêté à 5,5 millions d’euros, dédié à des interventions en profondeur sur les éléments métalliques du bâtiment.
Le cœur du chantier consistera à rénover entièrement la coque en acier riveté ainsi que la charpente sous-jacente du navire. Au fil des décennies et des navigations répétées, l’ossature interne, constituée notamment de la carlingue et des varangues, a subi une usure prononcée, révélant des pertes d’épaisseur jugées critiques qui imposent désormais une remise en état complète.
Sur le plan opérationnel, la complexité des manœuvres obligera les ouvriers et techniciens navals à procéder au démontage intégral de la mâture et au retrait des tôles de bordé fragilisées. Ces gestes techniques lourds seront précédés par le déchargement méthodique de 225 tonnes de lest réparties dans la cale, sous la forme de 4 500 gueuses de fonte retirées une à une.
Une dernière ouverture au public avant les travaux
Le grand public aura l’opportunité d’approcher le géant des mers une dernière fois avant le déclenchement des travaux lourds de métallurgie prévus en octobre. Le voilier ouvrira en effet ses ponts à des visites gratuites à Saint-Nazaire lors des Journées européennes du patrimoine, organisées les 19 et 20 septembre 2026, avant la fermeture complète du site pour sécuriser le chantier.
