Les escroqueries par manipulation psychologique, incarnées principalement par le piège du faux conseiller bancaire, ont connu une flambée de 34 % en 2025. Ce constat alarmant ressort du rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), un organisme placé sous l’égide de la Banque de France.
Ce bond statistique se traduit par un coût financier sans précédent pour les victimes et les établissements bancaires. Le préjudice total lié à ces escroqueries par manipulation a atteint 516 millions d’euros en 2025. Ces manœuvres délictuelles représentent désormais plus de 41 % de la totalité de la fraude aux moyens de paiement répertoriée sur le territoire français.
Les cybercriminels adaptent continuellement leurs méthodes pour contourner la vigilance des usagers. Leurs modes opératoires s’appuient fréquemment sur l’envoi de messages de hameçonnage diffusés via des messageries privées comme WhatsApp, ainsi que sur des campagnes publicitaires trompeuses sur Facebook, Instagram ou TikTok, destinées à rediriger les internautes vers des sites miroirs imitant les espaces clients des banques.
Devant l’ampleur prise par ces canaux de diffusion, la Banque de France réclame une mobilisation accrue des géants du numérique (Gafam). L’institution financière sollicite leur collaboration directe afin de détecter et de neutraliser rapidement les contenus frauduleux en ligne, une responsabilité désormais régie à l’échelle européenne par les obligations du règlement sur les services numériques (DSA).
Une nécessaire coopération technologique face aux fraudeurs
L’efficacité de la riposte dépend désormais d’une coordination technique étroite entre tous les acteurs concernés. Julien Lassalle, secrétaire de l’OSMP à la Banque de France, souligne à cet égard que la performance des modèles d’intelligence artificielle anti-fraude repose impérativement sur un partage rapide des données et des signalements entre les établissements bancaires et les plateformes numériques.





