La cheffe de file des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, est montée au créneau sur franceinfo pour exiger le blocage immédiat des tarifs des carburants à la pompe. Pour appuyer son plaidoyer face à l’inflation énergétique, la parlementaire a directement convoqué l’histoire économique en soutenant qu’une mesure analogue prise pendant la guerre du Golfe n’avait engendré aucun rationnement, tout en mettant en avant le modèle des prix administrés actuellement en vigueur sur l’île de La Réunion.
L’exemple de l’année 1990 recouvre cependant un cadre réglementaire bien différent d’un gel brut des montants acquittés par les consommateurs. Dès le déclenchement des tensions au Moyen-Orient au mois d’août 1990, le gouvernement français avait choisi de publier un décret instaurant un mécanisme de plafonnement ciblé. Cette disposition technique visait principalement à enserrer les marges commerciales des distributeurs et à neutraliser les taxes intérieures, plutôt qu’à figer arbitrairement le montant payé aux stations-service.
Ce dispositif de plafonnement laissait la valeur maximale autorisée à la vente au détail fluctuer quotidiennement en résonance directe avec les cours internationaux du pétrole brut. Les automobilistes n’avaient donc pas échappé à la flambée tarifaire, les relevés d’un rapport officiel du Sénat ayant mis en évidence une progression effective des prix de 7 à 10 % dans les stations-service en l’espace de seulement cinq semaines d’application.
Sur le plan opérationnel, la mesure gouvernementale de 1990 n’avait provoqué aucun dysfonctionnement logistique ni aucune rupture d’approvisionnement dans le pays. L’initiative avait en revanche suscité une vive résistance chez les gérants de stations-service, vent debout contre la perspective d’une vente à perte, une crise corporative finalement désamorcée en une semaine après l’octroi d’engagements financiers sur les marges par les compagnies Total et Elf.
Le régime dérogatoire des départements d’Outre-mer
L’autre référence invoquée par l’élue insoumise concerne les départements et régions d’Outre-mer, à l’image de La Réunion, où les carburants échappent de longue date au libre jeu du marché. Dans ces collectivités territoriales, la grille tarifaire est fixée chaque mois par des arrêtés préfectoraux stricts, mais cette organisation administrative n’annule pas la réalité du marché pétrolier : elle répercute mécaniquement les variations des cours mondiaux avec un décalage moyen de plusieurs semaines.





