Le ministre de l’Économie Roland Lescure a convoqué le mercredi 9 septembre les dirigeants de la filière pétrolière et de la grande distribution pour une neuvième réunion de suivi de crise. Étaient réunis autour de la table les représentants de l’UFIP Énergies et Mobilités, du syndicat professionnel Mobilians, ainsi que les groupes TotalEnergies, Shell et les principales enseignes de grande distribution.
Cette concertation d’urgence intervient alors que les cours mondiaux de l’or noir s’emballent de nouveau. Le baril de pétrole brut Brent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars le 9 septembre, répercutant immédiatement cette tension sur les stations-service françaises où les tarifs atteignent des niveaux inédits de 2,29 euros le litre pour le gazole et 2,12 euros pour le sans-plomb 95.
Malgré la pression sur le pouvoir d’achat, le gouvernement a formellement rejeté l’hypothèse d’un blocage généralisé des prix des carburants, estimant qu’une telle mesure risquerait d’entraîner des pénuries d’approvisionnement dans tout le pays. De même, l’exécutif a exclu toute nouvelle baisse de fiscalité sur les énergies, invoquant la dégradation des comptes publics et la situation budgétaire.
Pour répondre à la grogne, Bercy a lancé une enquête approfondie sur la rentabilité de l’industrie du raffinage. Les distributeurs, à l’instar de Dominique Schelcher pour Coopérative U, accusent en effet les raffineurs d’avoir multiplié leurs marges financières par trois voire par quatre au cours des derniers mois, au détriment des détaillants et des consommateurs.
Soutien ciblé pour les ménages et les professionnels
Sur le plan des aides directes, l’État prolonge le dispositif « gros rouleur » destiné aux ménages modestes jusqu’à la fin du mois de septembre. Parallèlement, les mécanismes d’aides sectorielles alloués aux professionnels particulièrement dépendants du carburant restent maintenus pour deux mois supplémentaires afin d’amortir le choc économique.





