Vinted a renforcé la surveillance de ses annonces après l’apparition de produits présentés comme issus des pillages du 17 octobre. La plateforme dit avoir supprimé des offres suspectes et prévoit le bannissement définitif des comptes qui enfreignent ses règles. Des annonces ont toutefois réapparu avec des descriptions plus discrètes et des contacts déplacés vers Snapchat.
Une enquête de Franceinfo a permis d’entrer en relation avec un vendeur proposant des cosmétiques et un parfum pour 70 euros. L’interlocuteur a affirmé vouloir écouler rapidement la marchandise et a présenté les produits comme non traçables. La rédaction a interrompu l’échange avant tout paiement et n’a pas conclu la transaction.
Cette méthode illustre le déplacement du risque hors de la messagerie de la plateforme. Les liens vers des comptes externes compliquent la détection automatique et exposent aussi les acheteurs à des escroqueries. Une annonce retirée peut être republiée sans mention explicite du pillage, ce qui oblige les équipes de modération à croiser davantage de signaux.
Le recel engage aussi la responsabilité de l’acheteur
Le droit français définit le recel comme le fait de dissimuler, détenir ou transmettre un bien en sachant qu’il provient d’un crime ou d’un délit. L’infraction est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. La peine peut atteindre dix ans et 750 000 euros lorsque le recel est commis de façon habituelle ou en bande organisée.
Les acheteurs ne doivent donc pas contacter eux-mêmes un vendeur qu’ils soupçonnent d’écouler des objets volés. Ils peuvent signaler l’annonce à la plateforme, conserver des captures d’écran et transmettre ces éléments aux forces de l’ordre. Racheter un produit en connaissant son origine expose à des poursuites, même si le prix paraît avantageux.
Le gouvernement a réuni les représentants de Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok afin d’obtenir le retrait rapide des annonces liées aux pillages. Les plateformes affirment coopérer avec les autorités et les commerçants pour identifier les biens concernés. Vinted rappelle que la vente d’objets volés est strictement interdite par ses règles.
Pour les commerçants, les preuves numériques peuvent compléter l’inventaire remis à la police et à l’assureur. Les références, numéros de série, photos d’emballage et captures horodatées facilitent les vérifications. La réponse dépend désormais de la rapidité des signalements et de la capacité des plateformes à repérer les ventes qui migrent vers des canaux privés.





