Autour de la place de la République, plusieurs commerçants préparent déjà la journée de mobilisation annoncée samedi 24 octobre. Certains déplacent leurs marchandises les plus coûteuses, d’autres avancent leur fermeture et plusieurs boutiques prévoient de garder le rideau baissé pour limiter leur exposition.
Ces précautions interviennent moins d’une semaine après les pillages et dégradations commis en marge des manifestations du 17 octobre. Selon le gouvernement, au moins 3 000 commerces ont été touchés en France. À Paris, le souvenir des vitrines brisées pousse les professionnels des secteurs les plus fréquentés à arbitrer entre la poursuite de leur activité et la sécurité des équipes.
Franceinfo a recueilli le témoignage de commerçants installés près de République. Ils décrivent une organisation très concrète, avec le retrait d’une partie des stocks, la protection des accès et le recours possible à des agents privés. L’un d’eux estime que les tensions récentes ont déjà réduit sa fréquentation de moitié, voire davantage.
Cette protection représente une dépense supplémentaire pour des entreprises déjà fragilisées. Les professionnels interrogés évoquent un coût de 1 000 à 2 000 euros pour des panneaux en bois, de 1 000 à 3 000 euros pour des rideaux métalliques et d’au moins 400 euros par jour pour un dispositif de sécurité privée. Ces montants varient selon la taille des locaux et la durée de la prestation.
Les recommandations relayées par l’Office de tourisme de Paris vont dans le même sens. Les établissements proches des rassemblements sont invités à adapter leurs horaires, sécuriser les vitrines, mettre les équipements extérieurs à l’abri et vérifier leurs dispositifs de protection. Les autorités demandent aussi de ne pas intervenir directement en cas d’incident et de prévenir les services d’urgence.
Le gouvernement a annoncé des mesures pour les commerces sinistrés lors des violences du 17 octobre. Elles comprennent notamment un prêt de trésorerie à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros, un étalement simplifié des charges fiscales et sociales et un allongement du délai de déclaration auprès des assurances.
À République, la prudence reste donc le mot d’ordre avant samedi. Les commerçants attendent encore les précisions opérationnelles sur les parcours et les restrictions susceptibles d’affecter les accès, les transports et les horaires d’ouverture.





