Acquitté mardi par la haute cour criminelle d’Alor Setar en Malaisie après 909 jours de détention, le Français Tom Félix est rentré en France le jeudi 5 février. Arrêté en août 2023 alors qu’il souhaitait s’installer sur place pour ouvrir un restaurant, il était poursuivi pour trafic de stupéfiants, accusation qu’il a toujours niée et pour laquelle il risquait la peine capitale. De retour auprès de sa famille, il dénonce des violences physiques, psychologiques et des agressions sexuelles subies en détention.
Invité vendredi sur RTL par Marc-Olivier Fogiel, le trentenaire — âgé de 34 ans — a livré le récit de sa détention et dit avoir le sentiment qu’on lui a « volé 900 jours » de sa vie. Ancien cadre chez Veolia, il confie la difficulté à retrouver une vie normale après deux ans et demi passés loin des siens et décrit un quotidien carcéral marqué par l’entassement, la chaleur extrême et l’inaction des autorités pénitentiaires face à ses souffrances.
Au cours de son incarcération, il dit avoir tenté de se préserver mentalement en lisant abondamment — plus de 300 ouvrages selon ses propos — et évoque aujourd’hui une démarche spirituelle vers le bouddhisme. Il précise également qu’il n’envisage pas, pour le moment, de retourner sur le sol malaisien.
40 personnes dans la même cellule : « j’ai vu l’enfer sur terre »
Tom Félix détaille des conditions de détention extrêmes. Il évoque une cellule d’environ 40 m² dans laquelle cohabitaient une quarantaine de détenus, soit environ 1 m² par personne. Il décrit des températures pouvant atteindre 40 degrés, l’absence de ventilateur et l’impossibilité de sortir de la cellule, des éléments qui, selon lui, rendaient la vie quotidienne « absolument horrible ».
Il accuse par ailleurs le personnel pénitentiaire d’atteintes graves : violences physiques et psychologiques, et des agressions sexuelles commises par des gardiens. Il rapporte avoir subi des humiliations et des pressions, citant notamment des demandes explicites de se dénuder. Sur le plan sanitaire, il dénonce un régime alimentaire qui lui a provoqué des allergies et l’absence de prise en charge adaptée par l’établissement pénitentiaire.
L’homme, qui affirme avoir nié les faits depuis son arrestation, a finalement été acquitté par la haute cour criminelle d’Alor Setar. Son retour en France a été officialisé le jeudi 5 février après près de trois ans d’éloignement selon ses déclarations. Il se dit aujourd’hui en reconstruction et envisage un rapprochement avec le bouddhisme, tout en précisant : « Je pense qu’il existe assez de pays dans le monde pour aller faire des visites. Pour le moment, je n’ai pas particulièrement envie d’y retourner ».
