Les joueuses de l’équipe féminine de rugby du Sporting Club Salonais, structure sportive basée à Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, ont acté leur départ collectif de l’institution. Cette démission générale marque une rupture totale entre les membres de l’effectif féminin et les instances dirigeantes de ce club provençal.
Cette contestation fait suite à des faits survenus au mois de décembre dans les vestiaires de l’association sportive. Les sportives accusent formellement des joueurs de la section masculine de les avoir filmées nues et à leur insu sous la douche, avant qu’une vidéo de cette captation clandestine ne commence à circuler en interne entre plusieurs membres.
Les rugbywomen soutiennent par ailleurs avoir été confrontées à une gestion interne visant à masquer l’incident. Selon leurs déclarations, des joueurs masculins ainsi que des dirigeants du Sporting Club Salonais ont exercé des pressions directes à leur encontre, dans l’intention délibérée de les dissuader de porter plainte et d’étouffer ainsi l’affaire.
La procédure a d’abord rencontré d’importantes difficultés au commissariat local, où deux dépôts de plainte consécutifs ont été rejetés au motif que les plaignantes ne détenaient pas matériellement la vidéo litigieuse. La situation a finalement évolué après la saisine directe du procureur de la République, qui a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire le 30 mars.
Tensions autour de la réponse disciplinaire
Bénéficiant de l’appui du collectif Salon féministe, les athlètes dénoncent avec vigueur l’absence de sanctions immédiates contre les auteurs présumés de ces actes. Face à ces récriminations, le président du club, Jean Pratali, maintient sa position en assurant qu’il attendra les résultats de l’enquête menée par les services de police avant de trancher sur d’éventuelles mesures disciplinaires.
