Les épisodes successifs de canicule et le réchauffement prononcé des sols modifient directement les conditions de distribution de l’eau potable dans la métropole de Lyon. Dans plusieurs communes du territoire rhodanien, l’eau qui s’écoule directement au robinet des ménages atteint désormais des valeurs inédites situées entre 25 et 28 degrés Celsius.
Ce phénomène d’élévation thermique se manifeste dès l’extraction souterraine de la ressource. Pompée directement dans la nappe alluviale du Rhône puis transportée vers l’usine de potabilisation de Villeurbanne, l’eau potable affiche déjà 21 degrés à sa sortie des installations en pleine saison estivale, alors que les relevés oscillent traditionnellement entre 13 et 14 degrés en hiver.
L’augmentation de la température de l’eau dans le réseau de distribution complique également la préservation de sa qualité sanitaire. Face à une dégradation plus rapide du chlore sous l’effet de cette chaleur, le dosage désinfectant a été relevé de 0,20 mg/L à 0,30 mg/L, un ajustement technique opéré sans aucun risque pour la santé des consommateurs.
Afin de contenir cette surchauffe du réseau qui alimente quotidiennement 1,4 million d’habitants, les gestionnaires du Grand Lyon adaptent en continu leurs méthodes d’exploitation. Les opérateurs sélectionnent désormais en priorité les puits les plus frais du champ captant pour alimenter les conduites et freiner la progression thermique de l’eau acheminée.
Inertie thermique prolongée dans les sous-sols
La baisse des températures dans les canalisations ne sera pas immédiate malgré l’atténuation des vagues de chaleur en surface. En raison de la forte inertie thermique emmagasinée par les sols et les masses d’eau souterraines, le retour à des valeurs habituelles dans l’ensemble du réseau n’est pas attendu avant la fin du mois d’octobre.
