Sur le littoral occidental de La Réunion, la savane du Cap Lahoussaye s’étend sur un espace naturel protégé de 280 hectares administré par le Conservatoire du littoral. Ce site côtier remarquable, caractérisé par son climat sec et ses paysages ouverts, constitue un milieu particulièrement vulnérable qui nécessite des actions d’aménagement et de gestion adaptées.
Pour entretenir ces parcelles sans recourir à des engins mécaniques, l’éleveur Boris Astourne y a instauré l’écopastoralisme depuis 2018. L’agriculteur y mène quotidiennement son troupeau fort de 200 chèvres et boucs, tous issus de la filière locale traditionnelle des « cabris peï », parfaitement acclimatée aux conditions rudes du secteur.
Ce passage régulier des bêtes produit des effets écologiques directs et mesurables. En broutant continuellement, les herbivores freinent l’embroussaillement de la zone et combattent la prolifération des espèces végétales exotiques envahissantes. Leur action permet également de prévenir les incendies récurrents dans cette zone sèche tout en assurant la préservation de l’Heteropogon contortus, une graminée locale appelée « pikan jaune ».
Sur le plan financier, cette méthode d’entretien doux optimise la viabilité de l’activité pastorale. Le recours exclusif à la pâture permet à Boris Astourne de contenir ses achats de fourrage à un montant plancher de 2 000 euros par an. Cet allègement budgétaire majeur confère à l’exploitation une forte autonomie économique face à la dépendance aux importations d’aliments extérieurs.
Un modèle étendu à l’échelle de l’île
Cette démarche s’inscrit au sein d’un élan plus vaste incarné par le projet Nouv’Afer. Piloté par l’Armeflhor en étroite coopération avec l’Institut de l’élevage et l’association réunionnaise de pastoralisme, ce programme fédère 13 collectifs d’éleveurs à travers l’île. L’objectif commun consiste à structurer l’autonomie fourragère des exploitations et à encourager les méthodes de fertilisation naturelle des sols à La Réunion.





