27 mars 2026 : Flavie Flament présente sur France 3 une soirée spéciale de divertissement, Le quiz des champions, visant à réunir 30 000 euros au profit du Sidaction. L’animatrice, figure médiatique connue du grand public, porte aussi une histoire personnelle longtemps tue, dévoilée dans un récit qui a relancé le débat sur la prise en compte des violences sexuelles commises pendant l’enfance.
L’émission rassemble plusieurs anciens candidats de jeux télévisés pour une collecte de fonds symbolique. Au-delà de la dimension caritative de la soirée, la présence de Flavie Flament rappelle son engagement public sur les questions liées aux violences sexuelles et à la parole des victimes, thématiques qu’elle a abordées à la fois dans les médias et dans son ouvrage.
Dans son livre La Consolation, publié en 2016, l’animatrice revient sur des faits qu’elle situe à l’adolescence. Elle y décrit un épisode survenu lorsqu’elle avait 13 ans, dans le village naturiste du Cap d’Agde, qui a profondément marqué sa vie personnelle et professionnelle.
Mémoire, révélation et accès à la justice
Flavie Flament raconte avoir été approchée alors par un photographe, David Hamilton, alors au sommet de sa notoriété. Elle relate des séances photographiques qui, selon son récit, ont basculé progressivement d’un cadre professionnel vers des situations ambiguës, puis vers un acte qu’elle qualifie de violent. Dans son texte, elle évoque une mémoire traumatique fragmentée et écrit : « Cet été-là, des heures entières de ma vie ont disparu« .
Pendant de longues années, elle dit avoir vécu avec ce qu’elle appelle un “trou noir”, incapable de verbaliser avec précision les événements. Le récit évoque les mécanismes classiques observés chez des victimes de violences sexuelles durant l’enfance : honte, silence, et une forme d’amnésie psychique qui entrave la restitution cohérente des souvenirs.
Ce n’est qu’à la faveur d’un travail thérapeutique et après la découverte d’une photographie, présentée comme déclencheur, que des souvenirs refont surface. La décision de rendre publique son histoire a entraîné, selon les témoignages réunis, une libération de la parole et un retour d’autres victimes décrivant des mécanismes similaires de manipulation et d’isolement.
Sur le plan juridique, les faits exposés par Flament sont déclarés prescrits, rendant toute action pénale impossible selon la loi française en vigueur. Cette impossibilité a conduit l’animatrice à s’engager publiquement sur la question du délai de prescription des crimes sexuels commis sur des mineurs.
En 2017, à la demande de la ministre Laurence Rossignol, Flament reçoit une mission consacrée au délai de prescription des crimes sexuels sur mineurs. Pendant plusieurs mois, elle dit avoir recueilli la parole de victimes, de professionnels de santé et de magistrats, mettant en avant que le délai de reconstruction psychique des victimes est souvent incompatible avec les délais judiciaires.
Après la publication de son livre, d’autres personnes ayant fréquenté le même photographe ont témoigné, décrivant des schémas de manipulation et de banalisation des actes. Flavie Flament affirme continuer sa carrière médiatique tout en abordant régulièrement ces sujets et en insistant sur l’importance de transmettre et de lutter contre les non-dits, notamment auprès de ses enfants.





