Antoine Foucher, président du cabinet de conseil Quintet et ancien directeur de cabinet au ministère du Travail, a publié son essai intitulé « Pour que nos enfants vivent mieux que nous » aux éditions de l’Aube. Dans cet ouvrage, l’expert des politiques publiques dresse un bilan sévère sur la fin de la promesse d’élévation générale du bien-être matériel qui a porté la société française contemporaine.
Invité de l’émission « L’invité éco » sur franceinfo, le spécialiste a affirmé que, pour la première fois depuis 1945, les jeunes générations françaises ne bénéficient pas d’un niveau de vie supérieur à celui de leurs parents. Cette rupture historique marque la fin de décennies d’enrichissement continu d’une classe d’âge à l’autre, laissant place à une stagnation tangible pour les nouveaux entrants sur le marché de l’emploi.
Au cœur de son argumentation sur ce recul matériel, Antoine Foucher met en exergue l’ampleur des tensions sur le marché immobilier. Les prix des logements ont progressé deux fois plus vite que les salaires depuis vingt-cinq ans en France. Cette envolée contraint désormais les jeunes actifs à acquérir des surfaces nettement plus réduites ou à s’endetter sur des durées sensiblement allongées pour pouvoir se loger.
Le constat s’accompagne d’un basculement préoccupant de la précarité vers les tranches d’âge les plus jeunes. Pour illustrer cette dégradation sociale, l’auteur rappelle notamment qu’un repas sur deux distribué par les Restos du Cœur est aujourd’hui destiné à des personnes de moins de 25 ans, confirmant une fragilisation accrue des étudiants et jeunes travailleurs.
Un nouveau pacte fondé sur le travail et l’investissement d’avenir
Pour contrer cette dynamique, l’auteur plaide pour la mise en place d’un nouveau pacte intergénérationnel. Ce dispositif prévoit une réorientation massive des dépenses publiques au profit de l’éducation, de la réindustrialisation et de la transition écologique, tout en associant cet effort à une augmentation de la durée de travail des actifs pour garantir le financement de ces chantiers prioritaires.





