À Vançais, dans le sud des Deux-Sèvres, Rémi Laurendeau estime avoir perdu au moins 70 % de sa récolte de pommes de terre après des mois de sécheresse. Le maraîcher biologique dit désormais s’interroger sur la poursuite de son activité dès la fin octobre.
Installé depuis 2017 à la tête des Jardins du Tilleul, il cultive moins d’un hectare réparti entre deux tunnels, une parcelle à la sortie du bourg et un petit champ à Courgé. La diversité de cette production, habituelle en maraîchage, rend précisément l’assurance climatique plus difficile à construire.
Le producteur explique à franceinfo ne pas avoir trouvé de contrat couvrant ses cultures. Il attend une indemnité de solidarité nationale qu’il évalue à environ 800 euros, une somme qu’il juge très éloignée de ses pertes. Ces montants restent ses estimations à ce stade.
Groupama confirme au média que les contrats reposent sur des historiques individuels de volumes et de rendements. Ces références sont plus faciles à établir pour une culture régulière comme le blé que pour une ferme qui change fréquemment de légumes, de surfaces et de débouchés.
Le ministère de l’Agriculture reconnaît que l’offre doit encore être étendue au maraîchage diversifié, comme à l’horticulture et aux pépinières. Le dispositif public permet de subventionner jusqu’à 70 % de la prime d’assurance et retient une franchise minimale de 20 % pour les contrats aidés.
Pour les exploitants non assurés, la solidarité nationale n’efface qu’une partie des pertes exceptionnelles. La campagne 2026 prévoit des taux différents selon les groupes de cultures. Les légumes destinés au marché frais relèvent d’un taux d’indemnisation de 31,5 % pour le troisième niveau du dispositif, une fois le seuil réglementaire atteint.
Dans les Deux-Sèvres, la situation de Rémi Laurendeau illustre donc moins un refus individuel de s’assurer qu’une offre encore incomplète pour les fermes très diversifiées. Les discussions annoncées entre assureurs, filières et pouvoirs publics devront produire des références adaptées à ces exploitations si elles veulent rendre le contrat réellement accessible.





