Antoine Spire est mort lundi 26 octobre à l’âge de 80 ans, a annoncé le PEN Club français dans un hommage publié mardi. Le journaliste, éditeur et essayiste avait présidé cette association de défense des écrivains de 2020 à 2023. France Culture a également confirmé sa disparition auprès de l’AFP.
Pour les auditeurs de la station publique, son nom reste lié à plus de vingt années d’émissions consacrées aux idées. Il y avait animé Les Voix du silence, émission ouverte aux exilés et aux personnes persécutées, ainsi que Staccato, qui abordait l’actualité à travers les sciences humaines. Ses entretiens dans À voix nue donnaient une autre place à la parole, avec le temps nécessaire pour développer une pensée.
La directrice de France Culture, Emelie de Jong, a salué auprès de l’AFP son attention aux désaccords et aux voix nouvelles. L’hommage insiste sur une pratique de la radio où la discussion ne se limitait pas à présenter des livres, mais faisait se rencontrer des convictions et des analyses.
Le débat prolongé à la télévision et au PEN Club
Ce travail s’était poursuivi sur Demain TV avec Tambour battant. Sur son site personnel, Antoine Spire présentait cette émission comme un rendez-vous de débats littéraires, scientifiques et de société. Il y détaillait aussi son activité de responsable de collections aux éditions Le Bord de l’eau, notamment autour des médias et des sciences humaines.
Le PEN Club rappelle qu’il avait été élu à sa présidence le 7 octobre 2020. L’association souligne son engagement pour les auteurs persécutés et la liberté d’expression. Il avait auparavant exercé la vice-présidence de la Licra de 2010 à 2020, tout en poursuivant son activité de journaliste et d’auteur d’une trentaine d’ouvrages.
À côté de ces responsabilités, Antoine Spire évoquait sur son site un engagement bénévole dans un Café des idées. Les participants y choisissaient par un vote le sujet de la rencontre suivante. La croyance, la violence ou le pouvoir de la parole figuraient parmi les questions mises en discussion.






