Une œuvre du XIXe siècle composée en partie de cheveux humains est présentée pour la première fois au public au musée d’histoire de Nantes, jusqu’au 31 octobre. Baptisée Cimetière en cheveux, elle a récemment été restaurée avant de rejoindre la salle 17 du parcours permanent.
L’objet prend la forme d’un paysage funéraire en relief. On y distingue un cimetière, une procession et des tombeaux, avec des éléments façonnés en cheveux. Le travail joue sur la minutie des motifs et sur une matière qui donnait alors une présence physique au souvenir des défunts.
La pièce est attribuée à Milliat. Les recherches patrimoniales relient son histoire à une famille nantaise active dans la coiffure. Alexandre Milliat est mort en 1887, tandis que son fils Paul Joseph Charles, né en 1847 et mort en 1900, a exercé comme coiffeur à partir de cette période. Amélie Milliat travaillait dans le même domaine.
Le Cimetière en cheveux ne se limitait pas à une composition fixe. Son mécanisme permettait autrefois de mettre en mouvement une partie de la scène. La fragilité de l’ensemble ne permet plus d’actionner directement ce dispositif devant les visiteurs.
Un film restitue le mouvement disparu
Pour rendre perceptible le fonctionnement ancien de l’œuvre, le musée diffuse un film de reconstitution. Ce choix permet de montrer le mouvement sans imposer au mécanisme restauré des manipulations susceptibles de l’endommager.
Les compositions en cheveux ont connu une véritable vogue au XIXe siècle. Elles pouvaient conserver une mèche, former un bijou ou devenir un tableau commémoratif. La pièce nantaise se distingue par son ampleur et par l’ajout d’un dispositif mécanique au décor funéraire.
L’exposition temporaire dans la salle 17 remet en lumière un objet jusqu’ici conservé en réserve. Sa restauration a porté autant sur les matériaux organiques que sur les éléments du relief, afin de stabiliser l’ensemble avant sa présentation.
Le musée d’histoire de Nantes occupe le château des ducs de Bretagne. Le bâtiment sert ici de cadre à une œuvre intérieure qui n’est pas visible sur la photographie d’archive associée à l’article. Les visiteurs peuvent la découvrir dans le parcours jusqu’à la fin du mois d’octobre.





