Aller au contenu
mercredi 21 octobre 2026
Sécurité · France

À Bordeaux, le couvre-feu des mineurs ravive le débat sur la sécurité du centre-ville

Les mineurs non accompagnés sont interdits dans plusieurs rues du centre de Bordeaux entre 22 h et 7 h jusqu’au 26 octobre. La mesure cible un périmètre précis mais nourrit le sentiment de punition collective chez certains jeunes.

WhatsApp
Rue Sainte-Catherine dans le centre de Bordeaux
Superbass / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 — Source

Un couvre-feu vise depuis la nuit du mardi 20 octobre les mineurs non accompagnés dans plusieurs secteurs du centre de Bordeaux. La mesure s’applique de 22 h à 7 h jusqu’au lundi 26 octobre et a été prise après les violences et dégradations survenues lors de la mobilisation du 17 octobre.

L’interdiction ne concerne pas toute la ville. Le périmètre annoncé comprend la rue Sainte-Catherine, la rue Porte-Dijeaux, le cours de l’Intendance, la promenade Sainte-Catherine, la place Saint-Projet et la place Général-Sarrail. Un mineur accompagné de son représentant légal n’entre pas dans le champ de la restriction.

La préfecture présente ce dispositif comme une mesure temporaire concentrée sur les zones particulièrement touchées. Son objectif est de réduire l’exposition des jeunes et de faciliter le maintien de l’ordre pendant plusieurs soirées jugées sensibles.

Dans le centre-ville, certains adolescents interrogés par Franceinfo disent pourtant vivre la décision comme une punition collective. Ils contestent le fait qu’une limite d’âge et un périmètre urbain suffisent à distinguer les personnes susceptibles de commettre des violences de celles qui se déplacent sans intention de participer à des troubles.

La mesure pose aussi une question pratique aux familles. Les horaires, les rues concernées et la notion d’accompagnement doivent être connus avant un déplacement en soirée. Le caractère limité du périmètre n’empêche pas les contrôles aux abords des voies citées.

Le débat ne porte donc pas seulement sur le principe d’un couvre-feu. Il concerne sa proportionnalité, son efficacité réelle et la manière dont les autorités expliquent une restriction collective décidée après des actes commis par une partie des participants aux rassemblements.

Le dispositif doit prendre fin le 26 octobre selon l’arrêté annoncé. Une prolongation ou une extension nécessiterait une nouvelle décision des autorités et ne peut pas être présumée à ce stade.