Le propriétaire du groupe Canal+ Vincent Bolloré a expliqué, lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public le 24 mars, pourquoi il avait choisi de maintenir Jean‑Marc Morandini à l’antenne de CNews après la condamnation définitive de l’animateur. La décision, pointée du doigt dans les médias et au sein de la chaîne, a conduit Morandini à se retirer ultérieurement de l’antenne, déclenchant un long débat interne et public.
Jean‑Marc Morandini, 60 ans, a été définitivement condamné le 14 janvier à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 20 000 euros pour corruption de mineurs. Malgré cette condamnation, il était resté à l’antenne de CNews, provoquant des tensions avec plusieurs visages de la chaîne — parmi lesquels Pascal Praud, Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk — et alimentant des polémiques prolongées dans les couloirs du groupe Canal+. Face à ces réactions, l’animateur a finalement choisi de se retirer de l’antenne, formule distinguée par les responsables internes de la chaîne de la démission.
Avant son intervention du 24 mars, Vincent Bolloré était resté discret sur ce dossier publicement. Son audition, organisée dans le cadre des travaux parlementaires sur l’audiovisuel public, a été l’occasion d’apporter sa version des choix éditoriaux et de répondre aux critiques liées au maintien d’un animateur condamné.
Les arguments de Vincent Bolloré devant la commission
Interrogé sur les raisons de sa décision, Vincent Bolloré a rejeté les attaques personnelles et exposé un positionnement moral et personnel. Il a déclaré : « Moi, je n’ai jamais fait partie et je ne ferai jamais partie de ceux qui hurlent avec les loups, sur tout problème. Donc sur des histoires dramatiques. Mais dans toute structure humaine, vous avez ce genre d’histoire. Et donc il faut justice, et miséricorde ». Ces propos visent à expliquer pourquoi il a opté pour une attitude mesurée face aux faits et à la réaction médiatique.
Le patron du groupe a aussi lié sa posture à des convictions personnelles, précisant qu’il condamnait « tous les faits délictuels » tout en invoquant sa foi et sa pratique religieuse : « Je condamne tous les faits délictuels. Moi, j’ai quatre enfants, ce sont des sujets insupportables. […] Je suis chrétien, je récite tous les jours Notre Père, dans lequel je dis : “Notre Père qui es aux cieux, pardonne‑nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”, donc je pardonne ». Il a conclu son intervention en estimant que « la justice est passée ; maintenant, la miséricorde doit passer ».





