PARIS — Le groupe TotalEnergies et la jeune pousse française d’intelligence artificielle Mistral AI ont officialisé le 15 septembre 2026 la signature d’un partenariat industriel et de recherche d’une durée de trois ans. Cette initiative de premier plan représente un investissement total supérieur à 100 millions d’euros, assorti de la fondation immédiate d’un laboratoire scientifique conjoint chargé de superviser les programmes de recherche et de développement.
Cette alliance technologique structurante se concentre sur le développement d’architectures d’intelligence artificielle de nouvelle génération, avec un accent particulier mis sur les modèles agentiques. Ces outils numériques de pointe sont spécialement conçus pour épauler les équipes de géoscientifiques sur le terrain et en laboratoire, depuis l’exploration initiale et l’évaluation fine des structures souterraines jusqu’à l’optimisation continue de la durée d’exploitation des réservoirs de pétrole et de gaz.
L’introduction de tels systèmes informatiques dans le secteur amont des hydrocarbures répond à une tendance globale déjà adoptée à grande échelle par les principaux acteurs mondiaux de l’énergie. À Abou Dhabi, la compagnie nationale ADNOC déploie des solutions analogues aux Émirats arabes unis en collaboration avec Microsoft, au même titre que la compagnie ExxonMobil sur le territoire américain, qui mobilise ces capacités d’analyse avancée afin d’accroître l’efficacité de ses campagnes de prospection pétrolière.
Ce recours massif aux algorithmes par les géants fossiles fait néanmoins l’objet d’analyses critiques au sein de la recherche internationale. Une étude évaluée par des pairs, publiée en août 2026 au sein de la prestigieuse revue npj Climate Action éditée par le groupe Nature et co-rédigée par Holly Alpine, ancienne responsable au sein du groupe Microsoft, modélise précisément l’impact de l’intelligence artificielle en tant qu’accélérateur direct de productivité pour l’ensemble du secteur fossile.
Un surplus d’émissions modélisé par les scientifiques
Selon les résultats de ces modélisations scientifiques rigoureuses, les gains d’efficacité permis par l’IA dans l’extraction des hydrocarbures risquent d’accroître les émissions mondiales nettes de 0,47 à 1,8 gigatonne de dioxyde de carbone par an. Ce surplus significatif, équivalant à une part comprise entre 1,2 % et 4,8 % des émissions énergétiques mondiales, est de nature à annuler l’ensemble des bénéfices environnementaux obtenus grâce aux applications de l’IA dans le domaine des énergies renouvelables.



