Ce lundi 30 mars, Maïtena Biraben a annoncé publiquement avoir été diagnostiquée autiste à l’âge de 57 ans, lors d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux du média qu’elle a fondé en 2024, « Mesdames », destiné aux femmes de plus de 45 ans. L’ancienne figure de Canal+ a résumé la violence de la révélation par une formule crue : « Un bus dans la tronche ».
Cette annonce ne se limite pas à la communication d’un diagnostic tardif : elle s’inscrit dans le récit d’une quête de sens et d’explications qui s’étend sur près de trente ans. Maïtena Biraben y présente une trajectoire personnelle marquée par une impression persistante d’être « à part » et par des difficultés relationnelles et émotionnelles devenues plus saillantes à l’âge adulte.
Le déclic est survenu au cours d’un direct organisé pour « Mesdames », où le témoignage d’une invitée, Florence, l’a profondément touchée. À l’instant où cette femme a annoncé être autiste, l’animatrice a ressenti une cassure intérieure : « Rien n’allait, mais tout était familier », a-t-elle confié. Cette prise de conscience a déclenché une phase de documentation intensive : lectures d’articles, consultations de témoignages et d’études en plusieurs langues.
Un parcours diagnostique encadré et un profil pluriel
À la suite de cette intuition, Maïtena Biraben a engagé un parcours médical comprenant des consultations spécialisées et des tests psychologiques. Le cheminement diagnostique a été long et parfois éprouvant, selon ses propres mots.
Le diagnostic final a mis en évidence, au-delà de l’autisme, la présence d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ainsi qu’un haut potentiel intellectuel (HPI). Ces éléments combinés sont fréquemment évoqués dans les profils regroupés sous l’appellation « neurodiversité » et peuvent expliquer la complexité des trajectoires personnelles et professionnelles observées dans certains cas.
Le TDAH se caractérise généralement par des difficultés d’attention, d’organisation et parfois d’impulsivité, tandis que le HPI renvoie à des capacités intellectuelles élevées pouvant s’accompagner de particularités émotionnelles et relationnelles. Dans le témoignage qu’elle a livré, Maïtena Biraben fait état d’une correspondance entre ces descriptions cliniques et son vécu quotidien : sensations de décalage, difficultés à « rejoindre » émotionnellement les autres et questionnements anciens restés sans réponse pendant des années.
La métaphore employée par l’animatrice — l’image du « bus dans la tronche » — illustre l’intensité de la prise de conscience et le vertige provoqué par la nécessité de reconsidérer des décennies d’expériences personnelles à la lumière du diagnostic. Sa démarche publique s’articule autour du partage de ce parcours et de la mise en lumière des enjeux liés au diagnostic tardif chez l’adulte.





