Situé en Maine-et-Loire, le château de Brézé présente une configuration architecturale unique en France, superposant deux édifices distincts. La propriété combine une élégante demeure seigneuriale de surface, issue de la Renaissance, avec une forteresse souterraine troglodytique qui déploie un réseau impressionnant d’environ quatre kilomètres de galeries creusées dans la roche.
Ce labyrinthe taillé dans le calcaire remonte au XIe siècle et remplissait à l’origine une fonction défensive stratégique face aux invasions. Conçu pour garantir une totale autarcie en cas d’attaque prolongée, le dédale abritait des espaces de vie aménagés, des étables pour le bétail, des silos à grains ainsi que des puits d’aération et de lumière culminant à neuf mètres de hauteur.
Le complexe castral est ceinturé par d’impressionnantes douves sèches profondes de dix-huit mètres, considérées comme les plus vertigineuses d’Europe. Loin d’être de simples fossés vides, ces parois abruptes abritaient jadis la vie quotidienne locale : le cœur même du village médiéval y était installé, pourvu de ses habitations troglodytiques et de son propre fournil.
Dans les étages supérieurs, les intérieurs du château dévoilent un patrimoine décoratif soigneusement conservé, à commencer par une chambre autrefois aménagée pour recevoir le cardinal de Richelieu. La bâtisse abrite également les appartements et la chambre néogothique aux décors polychromes de Monseigneur Pierre de Dreux-Brézé, qui marqua l’histoire religieuse en tant qu’évêque de Moulins au XIXe siècle.
Un domaine viticole préservé par la famille de Colbert
Le domaine demeure entre les mains de la même lignée aristocratique, étant détenu par la famille de Colbert depuis quatre siècles. Cette continuité historique s’illustre également à travers son exploitation viticole séculaire, réputée pour son vin blanc qui compte parmi les plus anciens reconnus de la région. Ce cru d’exception avait d’ailleurs suscité l’admiration de figures littéraires majeures telles que Joachim du Bellay et François Rabelais.
