Gandhi Djuna, connu sous le nom de scène Gims, a été mis en examen le vendredi 27 mars 2026 pour « blanchiment aggravé » et « blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d’un délit de fraude fiscale aggravée », a annoncé le parquet national anticriminalité organisée (PNACO). L’artiste de 39 ans, ancien membre de Sexion d’Assaut, avait été interpellé à son arrivée sur le sol français deux jours plus tôt.
Selon les autorités, l’arrestation a eu lieu à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle à la descente de l’avion, le mercredi 25 mars 2026. Gims a été placé en garde à vue, celle-ci ayant été prolongée avant sa présentation à la justice vendredi.
À l’issue de sa présentation au magistrat instructeur, le chanteur a été placé sous contrôle judiciaire avec plusieurs obligations, parmi lesquelles l’interdiction de rencontrer certaines personnes, le versement d’une caution et l’obligation de signaler tout déplacement au juge, précise BFMTV.
Gims mis en examen après sa garde à vue
L’information judiciaire relative à cette affaire avait été ouverte en juin 2023 et confiée à trois juges d’instruction spécialisés du tribunal judiciaire de Paris. La procureure nationale anticriminalité organisée, Vanessa Perrée, a indiqué que les investigations ont mis au jour l’existence présumée d’un réseau organisé visant à blanchir massivement des fonds d’origine illicite en infiltrant l’économie réelle.
Les investigations évoquent un système ayant, selon le parquet, permis à plus de 2 000 entreprises de contourner leurs obligations fiscales et sociales via un circuit souterrain de transactions en espèces. À ce stade de l’enquête, quinze personnes ont été mises en examen dans ce dossier, dont cinq placées en détention provisoire. Deux collaborateurs professionnels du rappeur ont été interpellés et mis en examen le même jour que l’artiste.
Plusieurs axes d’investigation concernent des investissements immobiliers à l’étranger. Les enquêteurs se penchent en particulier sur un projet au Maroc, le « Sunset Village Private Residences », inauguré en 2025 en présence de Gims. Ce complexe comprend 118 villas de standing, des équipements de loisirs et un lagon de 3 000 m². Les magistrats cherchent à établir si des fonds d’origine illicite ont pu servir au financement de ce type d’acquisition.
Le dossier comporte également, selon le site Africa Intelligence, un ensemble de sociétés créées dans divers pays et potentiellement utilisées pour contourner la TVA, émettre de fausses factures et blanchir des capitaux. L’Office national antifraude (ONAF) est associé aux investigations.
Contacté par l’AFP, l’avocat de Gims, Maître David-Olivier Kaminski, n’a pour l’heure fait aucune déclaration publique.





