Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a averti mercredi 7 octobre que la situation des finances publiques françaises était « grave », tout en estimant que le pays disposait encore des moyens d’agir. Il appelle notamment à l’adoption d’un budget ramenant le déficit public à 5 % en 2027.
Cette prise de parole intervient alors que l’examen du projet de budget débute en commission des Finances à l’Assemblée nationale. Les coûts d’emprunt de la France ont fortement progressé ces dernières semaines, sur fond de tensions politiques et d’inquiétudes persistantes sur la trajectoire de la dette.
Voiture électrique : l’Ademe estime qu’un ménage peut dépenser trois fois moins qu’en dieselEmmanuel Moulin a souligné que l’écart de taux avec l’Allemagne s’était nettement creusé et que la France payait désormais plus cher pour se financer. Selon lui, la réponse ne doit pas venir d’une intervention spécifique de la Banque centrale européenne mais d’une trajectoire budgétaire crédible décidée au niveau national.
La Banque de France écarte l’idée d’un secours de la BCE
Le gouverneur estime que l’institution monétaire européenne n’a pas vocation à corriger les difficultés propres à un État membre. La priorité de la BCE reste la stabilité des prix, tandis que la France doit réduire son déficit et rétablir la confiance des investisseurs.
Le gouvernement vise un déficit de 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % attendu auparavant. Le projet reste cependant contesté au Parlement, où l’exécutif ne dispose pas d’une majorité absolue.




