Quatre-vingt-dix ans après la catastrophe des Aucrais, un hommage a été rendu dimanche 25 octobre aux vingt ouvriers morts dans l’explosion de la carrière, dans le Calvados. La cérémonie s’inscrit dans le travail engagé par plusieurs communes pour entretenir le monument et transmettre l’histoire de cet accident du travail.
Le drame remonte au 22 octobre 1936. Vingt hommes ont perdu la vie alors que la carrière comptait 144 employés, selon l’Inventaire général du patrimoine culturel de Normandie. Le mémorial a été érigé l’année suivante. Il porte encore les noms des victimes et la date de la catastrophe.
Le site appartenait alors à l’ensemble industriel qui alimentait les hauts fourneaux de Colombelles. La Société normande de métallurgie avait acquis des terrains en 1917 pour extraire de la castine, une pierre calcaire utilisée comme fondant dans la fabrication de la fonte. La carrière était ainsi liée à l’activité sidérurgique de l’agglomération caennaise.
Un monument retrouvé puis entretenu par les communes
Le reportage de France 3 Normandie consacré à la commémoration raconte le retour de cette mémoire dans l’espace public. Des randonneurs avaient retrouvé la stèle il y a une quinzaine d’années, après son déplacement lors de la construction d’un échangeur de la RN 158. Le monument et ses abords étaient alors en mauvais état.
Les communes dont étaient originaires les victimes se sont ensuite associées pour nettoyer les lieux et organiser une cérémonie. Pour les familles, cet hommage prolonge une histoire transmise au fil des générations. France 3 a notamment recueilli dimanche le témoignage d’une petite-fille de victime, venue pour la première fois à la commémoration.
Le dossier de l’Inventaire normand renvoie aux Archives départementales du Calvados pour les documents sur l’accident. Le fonds de la Société des mines de Soumont conserve notamment des rapports, des correspondances, des dépositions et des pièces d’enquête portant sur la catastrophe de 1936.






