La France a formellement manqué la date limite du 7 juin 2026 qui lui était assignée pour transposer la directive européenne (UE) 2023/970 sur la transparence salariale. Ce texte communautaire impose aux États membres d’instaurer des mécanismes stricts pour garantir l’égalité de traitement et contraindre les employeurs à dévoiler leurs critères de rémunération, une exigence que les autorités françaises n’ont pas intégrée à temps dans leur cadre légal national.
Afin de combler cette carence réglementaire, le gouvernement a désormais calé son calendrier parlementaire. Le projet de loi encadrant la transposition de la directive doit être officiellement examiné et présenté en Conseil des ministres le 10 septembre 2026, l’exécutif visant une adoption définitive par l’Assemblée nationale et le Sénat d’ici la fin de l’année 2026.
Ce ralentissement législatif coïncide avec de vives hésitations au sein du secteur privé hexagonal. En France, à peine 1 entreprise sur 10 met en œuvre à ce jour une transparence salariale totale. Entre 40 % et 60 % des sociétés admettent ne pas être prêtes à appliquer de telles mesures, créant un décalage frappant avec les attentes du monde du travail où près de 80 % des salariés soutiennent ouvertement cette réforme.
Certains précurseurs appliquent néanmoins déjà ces principes directeurs, à l’image d’Alan. La société d’assurance santé en ligne déploie en interne une politique revendiquée de « transparence radicale », articulée autour de grilles de rémunération entièrement publiques et accessibles à l’ensemble du personnel, sans la moindre négociation salariale individuelle à l’embauche et sans primes variables.
L’actionnariat salarié au cœur du modèle de l’assurtech Alan
Pour mobiliser ses 900 salariés et pallier le refus délibéré des bonus individualisés, l’assurtech privilégie un mécanisme d’intéressement au capital. L’entreprise distribue ainsi des bons de souscription de parts de créateurs d’entreprise (BSPCE) afin d’assurer l’attractivité de ses rémunérations tout en maintenant un barème standardisé et vérifiable par tous ses collaborateurs.



