Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé le 29 juillet 2026 la liquidation judiciaire de l’usine de production de pâte à papier Fibre Excellence, implantée à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. Cette décision a entraîné le licenciement direct des 270 salariés de l’établissement, scellant la fin brutale de l’activité de ce complexe papetier.
Face aux risques avérés de sinistre sur ce site classé « Seveso seuil bas », qui abrite d’importants volumes de produits chimiques dangereux, l’État a procédé à la réquisition des lieux le 8 septembre 2026. La mesure administrative vise à reprendre le contrôle opérationnel d’infrastructures sensibles laissées sans surveillance adéquate après l’éviction du personnel.
L’inquiétude demeure vive aux abords du complexe, où les syndicats et les militants écologistes dénoncent la multiplication de rejets polluants en direction du Rhône. Ces pollutions sont notamment consécutives à l’arrêt partiel de la station d’épuration du site et au déversement accidentel de plusieurs dizaines de mètres cubes de liqueur noire, une substance chimique hautement corrosive issue du processus de fabrication.
Dans le même temps, les anciens salariés de l’usine et leurs représentants syndicaux contestent ouvertement l’expertise de la société privée mandatée par les liquidateurs judiciaires pour sécuriser les installations techniques. Les ex-employés estiment que les intervenants extérieurs ne disposent pas des compétences nécessaires pour neutraliser des équipements industriels particulièrement complexes.
Rejet du recours des liquidateurs devant la justice administrative
Sur le plan juridique, la tentative de blocage menée par les mandataires de la procédure collective a tourné court. Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a rejeté le 7 septembre 2026 le recours des co-liquidateurs judiciaires, qui sollicitaient la suspension des arrêtés préfectoraux d’urgence imposant la sécurisation immédiate du périmètre.
