Fitch a maintenu vendredi 30 octobre la note de la dette française à A+, tout en faisant passer sa perspective de stable à négative. L’agence de notation considère que l’évolution de la croissance, du déficit et des coûts d’emprunt rend plus difficile une stabilisation durable de l’endettement public.
La décision distingue deux éléments souvent confondus. La note A+ reste en vigueur, tandis que la perspective signale le sens dans lequel elle pourrait évoluer. Le changement annoncé vendredi accroît donc le risque d’une baisse ultérieure, sans constituer lui-même une nouvelle dégradation de la note.
Dans son évaluation, Fitch pointe une détérioration depuis sa précédente revue d’août. L’agence associe la faiblesse de l’activité et le renchérissement du financement à un paysage politique fragmenté et à un climat social difficile. Ces éléments compliquent, selon elle, la mise en œuvre d’une réduction durable du déficit.
Fitch prévoit désormais une dette publique proche de 124 % du produit intérieur brut en 2028, contre 115,7 % en 2025, rapporte Reuters. Cette projection décrit le scénario de l’agence, et non un niveau déjà atteint. Elle souligne aussi les points qui soutiennent encore la note française, parmi lesquels une économie importante et diversifiée, des institutions solides et l’appartenance à la zone euro.
Le gouvernement a réagi en réaffirmant son objectif budgétaire. Dans un communiqué rapporté par l’AFP et Euronews, le ministre de l’Économie Roland Lescure a insisté sur la nécessité d’adopter avant la fin de l’année un budget ramenant le déficit à 5 %. Cette cible reste celle de l’exécutif, dont le projet doit encore franchir le débat parlementaire.
L’annonce intervient après la publication, vendredi matin, d’un recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre. L’économie avait stagné au deuxième trimestre après un repli au premier. Le diagnostic de Fitch s’inscrit ainsi dans un contexte où la progression des recettes et l’effort de réduction du déficit dépendent aussi du rythme de l’activité.
Les conditions de financement se sont déjà tendues. Selon le compte rendu de l’AFP, le taux de l’emprunt français à dix ans a terminé vendredi à 4,97 %, contre 4,91 % la veille. Il avait dépassé 5 % la semaine précédente. Ces mouvements ont précédé la décision annoncée en soirée par Fitch.
Le ministère de l’Économie et des Finances à Bercy en 2011. Photographie d’archive illustrant l’institution. Dinkum / Wikimedia Commons, CC0. Réduction et conversion WebP.

