Élie Semoun, 62 ans, affirme ne pas être « considéré » par le cinéma dit sérieux malgré le succès populaire de ses films : c’est le message qu’il a porté dans l’émission En aparté, diffusée sur Canal+ le 17 mars 2026, à l’occasion de la sortie du film d’animation David pour lequel il prête la voix du roi Akish en version française.
Réalisateur connu du grand public, notamment pour la saga Ducobu qui compte quatre volets et des millions d’entrées, Semoun a livré un constat sans détour devant Nathalie Lévy : il se juge exclu du cercle des cinéastes « sérieux ». « Je suis réalisateur de films familiaux, pour enfants. Certes, on fait des millions d’entrées… Mais je ne suis absolument pas considéré par ces gens-là », a-t-il déclaré, expliquant qu’on ne le reconnaîtrait comme auteur « que lorsque j’aurai fait un film sérieux, profond et dramatique ».
Sur le plateau, l’artiste n’a pas occulté sa part de responsabilité : « Tout est ma faute. C’est moi qui dirige ma vie artistique. C’est moi qui fais des choix, donc j’en suis responsable », a-t-il admis, liant ses orientations professionnelles à l’image que lui renvoie le milieu. Il a par ailleurs rappelé son parcours, de ses succès populaires à son ancien partenariat artistique avec Dieudonné, sans pour autant s’en remettre au seul regard extérieur.
Le paradoxe d’un succès populaire confronté au snobisme des élites
Élie Semoun a illustré le fossé qu’il perçoit entre cinéma populaire et cinéma d’auteur par une anecdote personnelle : une amie lui a répondu, lorsqu’il l’a invitée à voir son dernier Ducobu, qu’elle « se déplace au cinéma que pour voir des vrais films ». « J’étais vexé », a raconté le comédien, reconnaissant néanmoins la complexité du débat et la persistance d’un jugement social autour de la valeur artistique des comédies familiales.
Dans son intervention, il a défendu la difficulté du travail qu’il mène : diriger des enfants, rythmer une comédie, trouver le ton juste pour un public familial. « Pour avoir réalisé quatre films… Qu’est-ce que c’est dur de diriger des enfants, de faire une comédie, d’avoir le bon rythme… C’est dur ! », a-t-il plaidé, pointant du doigt le « snobisme » auquel il dit être confronté au quotidien.
Interrogé sur la perception que peuvent avoir les professionnels du cinéma d’auteur, Semoun a reconnu son impossibilité à se glisser dans certaines attentes formelles : « J’essaie de me mettre dans la tête de quelqu’un qui fait du cinéma d’auteur ou du cinéma sérieux… Moi, je ne peux pas être pris au sérieux par ces gens-là. »
Sur la question de l’estime professionnelle, il a par ailleurs réaffirmé son attachement à ses choix artistiques et son autonomie : il assume ses orientations et la responsabilité des conséquences sur sa reconnaissance au sein du milieu. Un snobisme qu’il dit retrouver aussi bien « dans les dîners en ville, que dans les couloirs du cinéma d’auteur ».





