Ce mardi 17 mars 2026, Arthur H se produit sur la scène du Théâtre de l’Atelier, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. Chanteur à la voix grave et au chapeau devenu sa signature, fils de Jacques Higelin et né à Paris en 1966, il continue d’explorer dans ses concerts les thèmes qui ont façonné son imaginaire : souvenirs d’enfance, friches urbaines et mélancolie d’une capitale en mutation.
Né dans le 17ᵉ arrondissement puis élevé principalement autour de Saint‑Paul, dans le 4ᵉ, Arthur H raconte un Paris très différent de celui d’aujourd’hui. Il décrit une enfance passée dans la rue, entre jeux improvisés et exploration de passages oubliés, avec pour compagnons les autres enfants du quartier et des lieux souvent inoccupés.
Ces souvenirs incluent des images d’immeubles délabrés et d’hôtels particuliers inhabités : « Quand j’étais petit c’était un quartier populaire. Il y avait tous ces hôtels particuliers qui étaient inhabités et en ruine », dit-il. Une anecdote reste particulièrement vive : une fille, un trésor prétendument caché dans une bouche d’aération, et la fascination collective des gamins pour ces petites histoires de quartier.
Du terrain de jeu au quartier touristique
Arthur H souligne le contraste entre le Marais d’antan et celui d’aujourd’hui. Selon lui, la restauration des bâtiments historiques, l’apparition de galeries d’art et l’essor du tourisme ont profondément modifié l’atmosphère du secteur autour de Saint‑Paul. Les terrains vagues et les boutiques modestes qui faisaient le décor de son enfance ont progressivement cédé la place à des enseignes haut de gamme et à des flux de visiteurs accrus.
« Saint‑Paul, ce n’est quasiment plus le même endroit », confie l’artiste, en pointant la disparition des petits commerces et des cafés d’antan au profit de boutiques de luxe. Pour Arthur H, cette évolution illustre une transformation urbaine qui a redessiné les usages et la sociabilité du quartier.
Malgré cette constatation, il conserve un attachement pour une certaine idée de la ville : des espaces « remplis de secrets », des zones indépendantes et des friches où l’imaginaire peut se nourrir. Il évoque des villes comme Berlin, Rio de Janeiro ou Montréal comme références pour des contrastes entre urbanité et nature, sans pour autant nier la spécificité parisienne.
La capitale, dans son regard, combine poésie et underground. Il rattache son imaginaire à des images populaires et souterraines, citant la chanson Le Poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg et expliquant que « l’identité de Paris se retrouve dans ses boyaux, dans ses intestins ». Il mentionne aussi son intérêt pour certaines architectures modernistes — les tours du 13ᵉ arrondissement, les panoramas de La Défense — et pour des scènes filmiques, comme celles du RER désert dans Buffet froid de Bertrand Blier.
Installé aujourd’hui dans le 20ᵉ arrondissement, près de la Place de la Nation, Arthur H affirme que Paris continue de nourrir son travail artistique. Lors de sa représentation au Théâtre de l’Atelier ce 17 mars 2026, il prolonge sur scène le mélange de poésie, de mystère et de mélancolie qui traverse son œuvre et renvoie aux paysages de sa jeunesse.





