Anouchka Delon a assigné ses deux frères, Alain‑Fabien et Anthony Delon, devant le tribunal de Paris le 17 mars pour la diffusion d’un enregistrement privé impliquant leur père, l’acteur Alain Delon, décédé le 18 août 2024. Elle réclame 65 000 euros à Alain‑Fabien pour avoir enregistré puis diffusé la conversation et 50 000 euros à Anthony pour l’avoir relayée sur Instagram. La vidéo, datée du 5 janvier 2024, contient des propos visant la fille du comédien ; la décision est annoncée pour le 3 juin.
L’affaire s’inscrit dans un contexte familial marqué par des conflits patrimoniaux et de représentation, depuis la mort de l’acteur à Douchy (Loiret). Anouchka Delon, présentée comme la fille unique du comédien et désignée héritière du droit moral de son père, a saisi la justice pour protéger sa vie privée et son image. Le procès, initialement prévu le 10 avril 2025, avait été reporté pour des raisons non précisées avant de se tenir mi‑mars.
Dans l’enregistrement du 5 janvier 2024, Anouchka est entendue tenir des propos tels que : « On est en train de te prendre pour un débile », « moi une conne qui manipule son père » et « (On dit) que t’es gâteux, qu’Anthony va te mettre sous tutelle ». Absente de l’audience, elle s’est faite représenter par son avocate qui a mis en avant le préjudice subi du fait de la diffusion et de la large reprise sur les réseaux sociaux.
Les chefs d’accusation et les demandes d’indemnisation
Au procès, les deux frères étaient poursuivis du chef du délit qualifié d’« utilisation, conservation ou divulgation d’un document ou enregistrement obtenu par une atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui ». Ce chef d’accusation vise la captation et la diffusion de conversations privées sans le consentement de la personne concernée et peut donner lieu à des peines pénales et à des réparations civiles lorsque le préjudice est établi.
À la barre, Alain‑Fabien Delon, 32 ans, a contesté le caractère malveillant de son geste et a affirmé avoir rendu public l’enregistrement pour « protéger son père ». Il a précisé avoir supprimé le fichier « par respect, le jour de la mort » d’Alain Delon. Selon les éléments produits au tribunal, Anthony Delon a, en revanche, publié la vidéo sur son compte Instagram, où elle demeure accessible au moment du procès.
L’avocate d’Anouchka a soutenu que la diffusion avait provoqué un désaveu social et médiatique à l’encontre de sa cliente, citant des reprises de presse et des publications sur les réseaux sociaux la présentant sous un jour défavorable, notamment le sobriquet de « la sorcière de la famille » rapporté par RTL. Les montants réclamés — 65 000 euros à Alain‑Fabien et 50 000 euros à Anthony — correspondent selon la partie civile au préjudice moral et aux conséquences sur la réputation d’Anouchka.
La juridiction a indiqué que la décision serait rendue le 3 juin.





