Xavier Dupont de Ligonnès reste l’un des mystères judiciaires les plus médiatisés en France : disparu en avril 2011 après la découverte des corps de son épouse et de ses quatre enfants enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes, il n’a jamais été retrouvé. Dans un nouvel ouvrage publié aux éditions Max Milo, l’ancien policier spécialisé en cybercriminalité Gilles Galloux affirme sa conviction que le père de famille a simulé sa disparition et qu’il serait vivant, relançant le débat public autour des pistes et des indices de l’affaire.
Le dossier, dont les éléments clés remontent à la mi-avril 2011, oppose depuis quinze ans deux hypothèses : le suicide organisé ou la fugue planifiée. Les corps de la famille Dupont de Ligonnès avaient été découverts au domicile familial ; la seule trace matérielle attribuée au suspect après les faits reste une vidéo de surveillance datée du 15 avril 2011 à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, montrant un homme quittant un Formule 1 avec un sac à dos et un livre.
Gilles Galloux, ex-enquêteur de la direction de la police judiciaire et ancien spécialiste des enquêtes numériques, revient sur son rôle initial dans l’affaire et sur les analyses qu’il a menées à l’époque et depuis sa retraite. Sollicité par la PJ de Nantes fin avril 2011 pour traquer les traces digitales du fugitif, il dit avoir passé des semaines à examiner connexions internet, forums fréquentés par le suspect et tentatives de géolocalisation à partir d’une clé 3G, travaux qu’il a repris en détail dans son livre.
Le coup de fil et les pistes numériques
Selon le récit de Gilles Galloux, c’est un appel reçu le 29 avril 2011 depuis la PJ de Nantes qui l’a plongé dans ce dossier hors norme. À l’époque, il ne mesure pas l’ampleur que l’enquête prendra sur le plan médiatique et personnel. Il relate, dans son ouvrage, le suivi minutieux des traces en ligne et des connexions, et la manière dont ces éléments l’ont conduit à réinterroger la chronologie et les évidences.
Dans le livre, il soutient que des éléments matériels et comportementaux dessinent davantage une mise en scène qu’un acte désespéré. Il évoque notamment une réservation d’hôtel à Saint-Nazaire effectuée avec la carte bancaire du suspect la veille des meurtres, ainsi que la présence de boutiques et d’un loueur de camping-cars proches du lieu où la dernière trace officielle a été relevée, découverte via Google Maps.
Gilles Galloux avance l’hypothèse que Xavier Dupont de Ligonnès aurait volontairement laissé des indices trompeurs pour égarer les investigations, et qu’il aurait pris la fuite vers l’étranger. Il suggère un départ potentiel depuis l’aéroport de Nice à destination des États-Unis, pays que le Nantais connaissait et pour lequel il exprimait une fascination.
Pour étayer ses recherches, l’ancien policier affirme avoir repris contact avec d’anciennes connaissances américaines du suspect, notamment des femmes rencontrées des années auparavant, et indique que certaines d’entre elles lui auraient répondu. Il mentionne également l’existence d’un ranch comme piste concrète à explorer et conclut sur sa détermination à se rendre sur place : « Je vais aller là‑bas. Je vais aller au bout », assure‑t‑il.
