L’ancienne garde des Sceaux et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, a officiellement sollicité sa réintégration au sein de la magistrature française. Cette démarche administrative concrétise une volonté de réintégrer un corps professionnel qu’elle avait quitté il y a maintenant vingt-trois ans pour s’engager pleinement dans la vie politique nationale.
Le ministère français de la Justice a confirmé le 4 septembre 2026 l’existence et la recevabilité de cette demande statutaire déposée par l’ancienne ministre. La finalisation de cette démarche et l’officialisation de sa nomination demeurent toutefois strictement suspendues à l’avis que doit rendre le Conseil supérieur de la magistrature, l’organe garant de la nomination des magistrats.
Pour matérialiser cette reprise d’activité au sein du ministère, il lui a été proposé d’occuper un poste de premier substitut à l’administration centrale de la justice, au cœur même de la Chancellerie. Cette affectation technique exclut toute présence au tribunal, le ministère précisant que Rachida Dati n’exercera aucune fonction de jugement en juridiction ni aucun acte de poursuite.
Cette démarche de réintégration intervient alors qu’une échéance judiciaire majeure attend la responsable politique. Rachida Dati doit en effet faire face à un procès pénal dont l’ouverture est fixée au 16 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, où elle comparaîtra pour des accusations de corruption et de trafic d’influence passifs dans le cadre de l’affaire Renault-Nissan.
Contestation immédiate des syndicats de magistrats
Le calendrier choisi pour cette réintégration statutaire a immédiatement suscité de vives réactions et un profond malaise parmi les professionnels du droit. Le président de l’Union syndicale des magistrats a vivement fustigé l’initiative, dénonçant un message profondément contradictoire envoyé aux justiciables et à l’opinion publique au moment même où l’ancienne ministre est appelée à répondre d’infractions financières devant les juges.
