Le procès d’un triple assassinat lié au narcotrafic marseillais s’est ouvert lundi 19 octobre à Aix-en-Provence. Cinq hommes comparaissent devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, réunie dans une formation spécialement composée de magistrats professionnels. L’audience doit durer trois semaines sous un dispositif de sécurité exceptionnel.
Parmi les parties civiles figure Amine Kessaci, adjoint à la mairie de Marseille et militant engagé contre le trafic de drogue. Son frère aîné, Brahim Chabane, avait été retrouvé mort dans un véhicule incendié le 29 décembre 2020, dans un tunnel au nord de Marseille. Le corps d’une deuxième victime se trouvait dans la voiture et un troisième avait été découvert quelques jours plus tard.
Amine Kessaci a expliqué à l’ouverture qu’il attendait la justice après six années de démarches et d’interpellations. Il a insisté sur le fait que sa présence au tribunal ne relevait pas d’une volonté de vengeance. Son statut de partie civile lui permettra d’être entendu au cours des débats et de demander des réponses sur les circonstances de la mort de son frère.
Une audience sous haute surveillance
Le palais de justice d’Aix-en-Provence et ses abords ont été placés sous une surveillance renforcée. Selon RTL, environ 300 policiers et gendarmes doivent se relayer pendant le procès. Des unités spécialisées, des convois sécurisés et une surveillance aérienne complètent le dispositif autour des transferts de détenus et de l’accès aux audiences.
Les cinq accusés sont soupçonnés d’avoir participé à un guet-apens visant trois hommes dans le contexte de rivalités entre réseaux marseillais. Ils bénéficient de la présomption d’innocence. Amine Oualane, présenté par l’accusation comme l’un des commanditaires présumés, conteste toute implication par la voix de son avocate. Les responsabilités de chacun devront être examinées pendant les débats.
La cour spécialement composée a été retenue en raison de la complexité du dossier et de ses dimensions techniques, selon le procureur général d’Aix-en-Provence cité par RTL. Cette formation remplace le jury populaire par des magistrats professionnels pour les affaires relevant de la criminalité organisée.
L’enjeu de l’audience dépasse le face-à-face attendu entre Amine Kessaci et les accusés. Les débats doivent reconstituer la chronologie des faits, confronter les expertises et établir si les éléments réunis pendant l’instruction permettent d’attribuer un rôle précis aux personnes jugées. Le verdict ne pourra intervenir qu’après l’examen contradictoire de ces preuves.





