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mercredi 14 octobre 2026
Bretagne

À Caudan, la Fonderie de Bretagne se dirige vers la liquidation faute de repreneur

Aucune offre de reprise n’a été confirmée pour l’usine du Morbihan. Le tribunal de commerce doit se prononcer jeudi sur le sort d’un site qui emploie 244 personnes.

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Métal en fusion coulé dans un moule en fonderie
Sm faysal / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

La Fonderie de Bretagne se rapproche d’une liquidation judiciaire après l’échec de la recherche d’un repreneur. Aucune offre n’a finalement été confirmée pour le site de Caudan, dans le Morbihan. Le tribunal de commerce de Lorient doit examiner le dossier jeudi 15 octobre, et sa décision reste nécessaire pour rendre la liquidation effective.

L’usine emploie 244 personnes. Les représentants du personnel ont appris mardi en comité social et économique qu’aucun projet ne serait présenté au tribunal. Trois offres avaient pourtant été déposées au cours de la procédure, selon les administrateurs judiciaires, mais aucune n’a été menée jusqu’à un engagement définitif.

Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a indiqué avoir proposé un soutien financier de l’État à un groupe industriel intéressé. Celui-ci n’a pas confirmé son offre. La CGT affirme de son côté qu’un candidat européen demandait quatorze à quinze mois pour apporter de nouveaux volumes de production.

Un an après la reprise par Europlasma

Le site avait été repris par Europlasma en avril 2025 à l’issue d’une précédente procédure de redressement. Le plan validé par la justice reposait sur une diversification vers la défense et sur des apports financiers de quinze millions d’euros sur trois ans. La réponse publiée par le ministère de l’Industrie au Sénat en septembre indiquait que les engagements n’avaient pas été tenus au niveau annoncé.

Un incendie survenu le 20 janvier 2026 a ensuite immobilisé une partie des installations. Le redémarrage de deux fours n’a été effectif qu’au début de juillet, après plusieurs tentatives. Le tribunal de commerce de Lorient a constaté l’état de cessation des paiements le 3 juillet et ouvert une nouvelle période de redressement destinée notamment à rechercher un repreneur.

Le risque d’une perte industrielle durable

Créée par Renault en 1966, la fonderie a longtemps dépendu des commandes automobiles de son donneur d’ordre historique. Les projets successifs ont cherché à diversifier cette activité afin de conserver les savoir-faire de production de pièces en fonte. L’absence de commande suffisante a rendu cette transition particulièrement fragile.

Le gouvernement promet désormais de veiller au contenu du plan de sauvegarde de l’emploi si la liquidation est prononcée. Pour les salariés, l’enjeu dépasse le niveau des indemnités. Il porte aussi sur les possibilités de reclassement dans le bassin lorientais, la conservation de l’outil industriel et l’avenir d’un site dont les difficultés se sont répétées malgré deux procédures de reprise rapprochées.